J’ai lu « À la croisée des destins » de Barjy L.

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Résumé 

« La souffrance des uns ne peut exister en dehors du regard des autres.

Des portes closes, des greniers cadenassés, des coups que l’on étouffe, des cris que l’on muselle, des existences que l’on nie. C’est le destin de ces milliers d’êtres qui souffrent de la violence des hommes sans que personne ne leur tende la main. Parce que les autres ne savent pas, ne voient pas. Ou ne veulent ni voir ni savoir.

Ce destin, c’est celui de Raiden – Rage – qui tente de noyer sa souffrance dans celle des combats clandestins. Pour oublier la violence d’un père, la lâcheté d’une mère et les yeux d’un petit frère.

C’est aussi celui de Kian, l’enfant du grenier. Kian qui n’a ni âge, ni nom, ni passé. Il n’est personne. Il n’est rien, si ce n’est trente années d’horreurs à jamais gravées dans sa chair.

Mais il arrive que les destins se croisent et que, de l’avanie humaine, surgisse la plus pure des amitiés. Quand deux âmes perdues se rencontrent derrière les portes d’un hôpital psychiatrique et tentent, avec cette rage de vivre qui est tout ce qu’il leur reste, de se reconstruire. Ou peut-être seulement de se construire autrement… »

 

Mon avis 

J’avais commencé cette histoire en ligne et il me tardait de la finir le livre à la main (livre magnifique qui plus est !). Dès que je me suis replongée dedans j’ai retrouvé cette myriade de sentiments qui m’avait accompagné lors de ma première lecture, c’est comme si je n’avais jamais quitté Raiden et Kian. Je ne compte pas les larmes et la douleur au cœur que j’ai pu avoir en tournant les pages. On est confronté à l’enfer de Kian, celui de Raiden. Deux passés différents, mais qui finalement se parlent de bien des manières… Ces deux âmes brisées affrontent ce qui les rongent chacun à leur façon, mais c’est ensemble qu’ils vont tenter de se reconstruire.

Puis il y a Noah et cette scène qui me hante…

Quant aux personnages secondaires, j’aime ce que chacun d’eux apportent à leurs histoires.

j’ai été incroyablement touché par eux. Je ne saurais vous dire a quel point chaque avancée m’a fait l’effet d’un coup au coeur, comme ce battement supplémentaire que l’on attend pour qu’ils puissent un peu mieux respirer (et nous aussi).

Alors, ça m’a bouleversé, car ce qu’ils ont vécu nous ramène à ce que l’homme peut faire de plus dégueulasse et que ça m’en a fait mal au bide. Mais ce qui m’a bouleversé d’autant plus c’est que malgré ça, l’auteure laisse encore une fois entrer la lumière afin que l’on puisse s’y accrocher. Cette lumière on la retrouve dans une main tendue, dans un sourire, un silence, un geste, l’écoute de l’autre, une chanson, dans un regard…

Je referme ce livre en étant « un nouveau papillon  attiré par cette lumière » et mince qu’elle est éblouissante !!

Merci pour eux, merci de leur donner une voix, c’est magnifiquement réussi !

Citations

 

« Sur l’instant, il aurait voulu fuir. L’enfer aussi avait ses frontières. IL ne se pouvait pas qu’il soit infini. »

 

« C’est une énigme. Un cas unique. Il est évident que cela relève clairement du domaine de la psychiatrie, mais que dire sur lui en tant que patient ? Effectivement, comme tu le soulignais, parler il le peut, mais est-ce qu’il le veut ? Physiquement, rien ne l’empêche d’après les observations faites par les médecins qui l’ont ausculté. Par contre, ses années de silence ont réduit ses capacités à pouvoir le faire. La voix est un organe et, comme tout organe, il a besoin d’être sollicité pour ne pas mourir. Kian n’a visiblement plus trouvé de nécessité à user de la parole. »

 

« Il n’avait plus l’impression d’être vraiment lui-même. Ou plutôt était-ce l’inverse : il se découvrait. Il découvrait le Raiden enfoui sous ces couches accumulées de rebelion, de rage, de haine, de dégoût de soi, de culpabilité, de questions sans réponses. À chaque jour, sa page tournée. Il avait l’impression de muer, de sortir d’une lente transformation, de déchirer son cocoon. Il en arrachait les pellicules successives pour atteindre cette lumière qu’il voyait poindre à l’extérieur. Une deuxième naissance. »

 

 » Le temps sembla se suspendre. Andy sortit de la salle commune aux premiers sons de guitare et resta là à l’écouter, bercé par l’écho de sa voix. la musique résonnait dans le couloir. Douce et déchirante.

Quelques gémissements mais aucun cri. On dit que la musique adoucit les moeurs. Ici, elle ouvrait les âmes. Puis la magie se brisa. Raiden avait cessé de jouer. Sa voix s’était éteinte. »

 

 » Raiden ne dit rien, lui laissant tout le temps nécessaire. Kian releva les yeux dans les siens. Raiden y lut l’émotion au travers des larmes qui embrumaient le bleu de ceux-ci, devenu voile marin. Mais Kian ne pleura pas. Un partage unique qui dura plusieurs secondes, où Raiden plongea dans l’âme de son vis-a-vis. Voyant son propre reflet dans ses iris, iris qui reflétaient à leur tour leurs regards à l’infini. »

 

« Aujourd’hui un enfant meurt victime de sévices et demain qui s’en souviendra ? Qui écoutera les larmes d’un autre être avec plus d’attention ? Personne. Parce que l’homme, volontairement ou pas, refuse de voir, refuse d’admettre que cela puisse se passer à côté de chez lui. »

 

 

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