11 mois, 11 livres – Mars

Pour le deuxième mois de mon challenge 11mois, 11 livres , mon amie Ness m’a attribué un grand classique de Marcel Pagnol Le Temps des secrets.

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Résumé

Les vacances à La Treille se poursuivent., mais ne se ressemblent plus : Lili doit travailler aux champs avec son père, et Marcel rencontre Isabelle, la fille du poète Loïs de Montmajour. Puis ce sera l’arrivée en classe de sixième, et l’entrée en scène de l’inénarrable Lagneau…

Poussé par ses lecteurs, et pour son propre plaisir, Pagnol décide de Transformer son diptyque en tétralogie., et ses Souvenirs d’enfance en authentique roman de formation, du côté de Kim ou du Livre de la jungle. Dans Le Temps des secrets (1960), le jeune Marcel trahit – provisoirement – l’amitié de Lili pour l’illusion de l’amour, et Pagnol l’écrivain prouve, lorsqu’il croque le poète alcoolique et sa grotesque épouse, qu’il n’a rien perdu de sa vis comica. Le projet prend de l’ampleur, et le livre se termine sans s’achever, dans l’attente du Temps des amours.

 

Mon avis

Comme le résumé nous l’apprend Le Temps des secrets vient après les deux premiers tomes : La Gloire de mon père et Le Chateau de ma mère . Bien que n’ayant pas lu ces deux livres, je n’ai pas été perdue, car j’avais vu plus jeune les adaptations cinématographiques et j’en avais encore gardé l’essence de l’histoire et des personnages.

Je me suis donc plongée ce matin dans ce roman en ayant déjà cela en tête e. Je l’ai lu d’un trait, il se lit vite et la plume de Pagnol est un régal. J’ai aimé retrouver l’accent chantant du sud et sentir le soleil à travers les lignes de ce roman. J’ai souri aux anecdotes de Marcel – j’ai adoré toute la partie concernant son grand-père – à ses premiers amours, à la naïveté de l’enfance. J’ai levé les yeux aux ciels sur la vision caricaturale de l’homme et de la femme, mais j’ai aimé qu’elle ait été aussi démontée (pas forcement sur tout, mais n’oublions pas l’époque tout de même). C’était doux, frais.

À travers son premier amour, on suit un Marcel dont les priorités changent. Il ne voit plus que par le prisme de celui-ci et abandonne ce et ceux qui jusque là rythmaient ces belles journées de vacances pour retrouver sa jolie Isabelle. Il sera aussi aveugle à certaines choses et arrive facilement à défendre ses choix en accablant parfois les autres de ne pas le comprendre. Nos yeux d’adultes lui pardonneront cela. C’est nous qui prenons du recul pour lui, car comme nous n’avons que les pensées de Marcel avec ses yeux d’enfant et on ne peut que se dire que c’est plus tard qu’il comprendra que ce n’est pas si simple.

Même si j’ai apprécié ma lecture, j’ai eu néanmoins des moments de longueur, notamment vers la fin, lorsqu’il retourne en ville. Toute cette partie m’a plutôt laissé de marbre et limite ennuyée. Bien qu’elle mette en avant une toute nouvelle expérience pour Marcel – son arrivée au Lycée – hormis la scène finale, j’y ai trouvé, moi, moins d’intérêt.

J’aurais voulu aussi en savoir plus sur Isabelle et ses parents, car ils sont à la fois dépeint d’une façon par Marcel et d’une autre par ses parents et autre adultes qui ne les côtoient pas vraiment. On se retrouve à devoir se faire une idée, somme toute je pense bien proche de la réalité, mais à qui il manque certaines nuances pour ne pas embellir/accabler cette famille. Mais c’est le parti pris de cette saga et c’est tout à fait cohérent. Il faut accepter de ne pas avoir toutes les réponses, même si nous en avons matière pour en avoir une bonne partie.

Je termine en remerciant Ness de m’avoir fait lire mon premier Pagnol et pour la douce matinée que m’a apporté cette lecture !

 

Citations

 

« Dans les pages qui vont suivre, je ne dirai de moi ni mal ni bien : ce n’est pas de moi que je parle, mais de l’enfant que je ne suis plus. C’est un petit personnage que j’ai connu, et qui s’est fondu dans l’air du temps, à la manière des oiseaux qui disparaissent sans laisser de squelette. »

« Dans le silence humide et tiède, sous la lumière couleur d’étain, au chuchotement de la pluie, le battement confidentiel de la pendule fabriquait patiemment nos minutes communes, et je sentais profondément la douceur de nous taire ensemble. »

« Je finis par conclure que l’amour qui rendait fou était une affaire de grandes personnes, et surtout de femmes. »

« Puis, dans mes rêves de la nuit, j’entendais de lointaines musiques, et la petite reine rouge s’éloignait, infiniment triste et seule, sous les arceaux crépusculaires d’une forêt du temps jadis. »

« Je pris fort vaniteusement la pose. Le petit Paul avait lâché ma main, mais à grand regret : il n’attendait qu’un signe pour venir se planter auprès de moi : mais la gloire gâte le cœur des hommes, et ce signe, je ne le fis pas. »

« Auprès de telles richesses, les miennes faisaient pauvre figure, et j’avoue que j’en fus un peu honteux les premiers jours ; mais j’inventai spontanément la solution la plus philosophique qui, depuis des siècles, console les pauvres, et les délivre de la cruelle envie ; je résolus de mépriser la fortune des autres, de considérer les avantages matériels comme tout à fait secondaires, et je décidai que les objets de luxe faisaient plus d’honneur à leurs fabricants qu’à leurs possesseurs. »

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