11 mois, 11 livres Novembre

Comme un roman de Daniel Pennac, proposé par mon amie Aurore pour le challenge 11 mois, 11 livres du mois de novembre.

Résumé

Les droits imprescriptibles du lecteur 

1. Le droit de ne pas lire. 

2. Le droit de sauter des pages. 

3. Le droit de ne pas finir un livre. 

4. Le droit de relire. 

5. Le droit de lire n’importe quoi. 

6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible). 

7. Le droit de lire n’importe où. 

8. Le droit de grappiller. 

9. Le droit de lire à haute voix. 

10. Le droit de nous taire.

Mon avis

J’ai adoré ma lecture et ce n’est pas de l’avoir aimé qui soit une surprise, mais c’est qu’elle m’a aussi surtout permise de prendre du recul sur certaines choses et m’a permise de pouvoir mettre des mots sur certaines interrogations.

C’était une lecture très riche, pertinente et pour ma part introspective ! 

J’ai aimé voir comment la lecture rituelle doudou du coucher pouvait devenir au fur et à mesure des années source de pression. Je n’ai pas appris que la lecture imposée pouvait devenir source de « torture » mais ça a mis en lumière à quel point dans tout notre quotidien et dans notre apprentissage, notre vision de la lecture se modifiait à force d’idées et méthode préconçues. Ce livre casse les dogmes et remet ce que le rdv entre le livre et son lecteur devrait avant tout être. Il n’y a pas de règle ! 

Citations

« Comme nous aimions l’effrayer pour le pour plaisir de le consoler ! Et comme il nous réclamait cette frayeur ! Si peu dupe, déjà, et pourtant tout tremblant. Un vrai lecteur en somme. Tel était le couple que nous formions à l’époque, lui le lecteur, ô combien malin ! Et nous le livre ô combien complice !

« Les histoires que nous lui lisions fourmillaient de frères, de soeurs, de parents, de doubles idéaux, escadrilles d’anges gardiens, cohortes d’amis tutélaires en charge de ses chagrins, mais qui, luttant contre leurs propres ogres, trouvaient eux aussi refuge dans les battements inquiets de son coeur. Il était devenu leur ange réciproque : un lecteur. Sans lui, leur monde n’existait pas. Sans eux, il restait pris dans l’épaisseur du sien. Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. »

« Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le soucis de la pédagogie ! »

 » Si, comme on le dit, mon fils, ma fille, les jeunes n’aiment pas lire – et le verbe est juste, c’est bien d’une blessure d’amour dont il s’agit – il n’en faut ni incriminer ni la télévision, ni la modernité, ni l’école. Ou tout cela si on veut, mais seulement après nous être posé cette question première : qu’avons nous fait du lecteur idéal qu’il était en ces temps où nous-même jouions tout à la fois le rôle du conteur et du livre ?

L’ampleur de cette trahison !

Nous formions, lui, le récit et nous, une Trinité chaque soir réconciliée ; il se trouve seul à présent, devant un livre hostile. »

« Il faut lire, il faut lire…

Et si, au lieu d’exiger la lecture le professeur décidait soudain de partager son propre bonheur de lire ? « 

« Nous avons lu et nous nous taisons. Nous nous taisons parce que nous avons lu. Il ferait beau voir qu’un embusqué nous attende au tournant de notre lecture pour nous demander : « Alors ? C’est beau ? Tu as compris ? Au rapport ! »

Parfois, c’est l’humilité qui commande notre silence. Pas la glorieuse humilité des analystes professionnels, mais la conscience intime, solitaire, presque douloureuse, que cette lecture-ci, que cet auteur-là, viennent, comme on dit, de « changez ma vie » ! »

Pourtant, si la lecture , n’est pas un acte de communication immédiate, elle est , finalement, objet de partage. Mais un partage longuement différé, et farouchement selectif.

(…)

Quand un être cher nous donne un livre à lire, c’est lui que nous cherchons d’abord dans les lignes, ses goûts, les raisons qui l’ont poussé à nous flanquer ce bouquin entre les mains les signes d’une fraternité. Puis le texte nous emporte et nous oublions celui qui nous y a plonge; c’est toute la puissance d’une oeuvre, justement, que de balayer aussi cette contingence-là. »

« Au lieu de quoi, nous autres qui avons lu et prétendons propager l’amour du livre, nous nous préférons trop souvent commentateurs, interprètes, analystes, critiques, biographes, exégètes d’oeuvres rendues muettes par les pieux témoignage que nous portons de leur grandeur. Prise par la forteresse de nos compétences, la parole des livres fait place à notre parole. Plutôt que de laisser l’intelligence du texte parler par notre bouche, nous nous remettons à notre propre intelligence, et parlons du texte. Nous ne sommes pas des émissaires du livre mais les gardiens assermentés d’un temple dont nous vantons les merveilles avec des mots qui en ferment les portes : « Il faut lire ! Il faut lire ! »

« Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre. »

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