J’ai lu « Et je t’ai entendu sourire » de Tia Wolff

Et je t’ai entendu sourire de Tia Wolff.

Date de sortie : 21 septembre 2021

Résumé

Après avoir eu la force de mettre fin à une relation toxique, Lucie s’envole vers New York pour rencontrer un agent littéraire et passer quelques semaines loin de sa vie parisienne.

Cependant claquer la porte ne suffit pas à guérir les blessures du passé. Alors quand son chemin croise celui d’Andrew, un photographe reporter qui parcourt le monde sans relâche, c’est trop tôt. Beaucoup trop tôt. Leur relation va être marquée par ces fantômes que Lucie pensait avoir laissés derrière elle.

En noir et blanc dans ses clichés à lui, en couleur dans ses mots à elle, leur histoire va évoluer au fil des années. Lucie va apprendre à faire confiance et à se reconstruire à son rythme malgré les épreuves.

Une déclaration d’amour qui évoque l’importance de prendre du temps pour se réapproprier sa vie et guérir ses blessures.

Mon avis

Dès le prologue, j’ai senti que ce roman allait me parler un peu plus différemment que d’autre. Le choix de narration, m’a particulièrement plu. Lucie nous conte son histoire avec douceur, nostalgie et pudeur. Elle m’a complètement embarqué. J’ai flâné avec elle dans les rues de New York et Paris. J’y étais, j’ai été galvanisée par la force que Lucie pouvait y puiser, ainsi que l’apaisement que ces lieux lui apportaient. Mais j’ai aussi si bien ressenti ses douleurs, ses doutes, ses moments de silence et elle a réussi à me faire entendre ses sourires à Lui.

Lui, c’est Andrew. Ce photographe qui à force de patiente et d’écoute va chambouler le coeur de Lucie et le mien par la même occasion. La relation toxique dont vient de sortir Lucie, dicte encore certain de ces choix, la peur de se tromper de nouveau, la peur de perdre le contrôle, le manque d’assurance… Tout ça va compliquer leur relation. Mais Andrew ne va jamais la bousculer et va savoir lui laisser l’espace dont elle a besoin. Andrew sera là dans les moments importants, sans jamais s’imposer. Il va être à l’écoute de ses besoins, qu’ils soient prononcés ou non. La foi qu’il a en cette histoire est belle, en même temps, comment faire autrement, entre Lucie et Andrew, cela semble si évident, naturel. La narration et le seul point de vue de Lucie, le rend aussi un peu mystérieux, tout en n’ayant pas l’impression de passer à côté de cet homme dont le coeur m’a beaucoup parlé !

C’est une histoire de résilience, de temps que l’on s’accorde et que l’on accorde aux autres pour se reconstruire. Savoir se faire confiance, s’ouvrir de nouveau. C’est aussi trouver l’équilibre entre rester indépendant, mais ne pas avoir peur de s’appuyer sur l’autre. Et pour ça Lucie est si bien entourée ! J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, chacun va amener Lucie à voir les choses différemment, la pousser parfois dans ses retranchements. J’ai eu un gros coup de coeur pour Carl, la dynamique entre tous les deux est particulière, je l’ai adoré et elle m’a beaucoup touché.

La photographie a une place importante dans ce roman et pour la passionnée de photo que je suis, ça a été un réel bonheur. Chaque cliché décrit a été matérialisé dans mon esprit, toutes les sensations rattachées à eux m’ont été droit au coeur, chaque bout d’histoire qu’ils racontaient a pris vie dans mon esprit. Certaines de ces photographies sont si claires dans ma tête que je me suis vue frustrée de ne pas pouvoir retrouver leur représentation sur le net. Je ne vois plus (entre autre) les escaliers des immeubles de New-York sans penser à eux…

J’aime profondément Lucie et Andrew, chaque mot posé dans cette histoire est à sa place. Je suis passée par mille émotions et certaines ont été très fortes…

J’en arrive à la partie de la chronique qui me pose le plus de problèmes, j’aime découvrir les histoires en en sachant le moins possible et je n’aime donc pas trop en dévoiler aux autres non plus. Mais je fais partie des personnes qui sont prêtes à être parfois bousculée, avoir un peu mal et ce n’est pas le cas de tout le monde et je sais que certaines de mes amies, elles, préfèrent être averties (et j’avoue j’ai peur de me faire engueuler …). Alors, s’il y a des choses que vous ne vous sentez pas prêt.e.s à lire, je vous invite à lire les Trigger Warning sur le site de l’autrice

‘Et je t’ai entendu sourire’ est un vrai, gros, joli coup de coeur. Il en ressort beaucoup de lumière, de douceur. Un mois après ma première lecture, des passages, des images tournent encore dans ma tête. Je crois que je suis tombée amoureuse de ce livre dès que je l’ai eu dans les mains, sans même en connaitre le contenu. Je le trouve magnifique, le travail de mise en page sur les débuts de chapitre… J’aime l’avoir entre les mains, le toucher, voir la couleur orange de mes post it sur la tranche. Certains ne le comprendront pas forcement, mais que voulez-vous, j’ai eu un vrai rendez-vous avec ce roman et parfois c’est de l’ordre de la magie, ça ne s’explique pas.

Je finirai en remerciant Tia Wolff qui m’a offert l’occasion d’être une de ses partenaires cette année et par la même occasion de lire cette pépite avant sa sortie. Merci de m’avoir fait croiser la route de Lucie et Andrew et je ne peux que leur souhaiter de vivre au travers de beaucoup d’autres lecteurs.

Quelques passages…

« Peu à peu, je comprenais ce que tu m’avais dit ce soir-là sur le toit. L’absence de couleur donnait une autre lecture à la scène. Tout était plus brut, plus réel. Sans l’artifice des couleurs, l’image conservait ses mystères tout en nous offrant la possibilité d’une interprétation rudimentaire. On y lisait plus clairement les émotions, on se laissait percuter par la réalité, on était invité à réfléchir… les rares clichés en avaient alors une force décuplée, c’était comme s’il avaient été impossible de soustraite leurs teintes sous peines de perdre le sens de l’image. »

« Je n’ai rien dit pendant toute la discussion. Les mots prononcés par cette mère faisaient écho à ceux que j’avais entendu pendant des années. Sournois, violents, insidieux. C’étaient le genre de paroles qui gardaient un être couché au sol sans effort. Le poids des mots provoque des blessures invisibles. Si Gaël avait vu cette femme frapper son enfant, il aurait fait un peu plus que la sortir de la salle. Malgré toute sa bonne volonté, comme beaucoup de gens, les premiers mots assassins ne le feront jamais autant réagir qu’un premier coup. Et je n’arrivais même pas à lui en vouloir en l’entendant se justifier. Pour comprendre l’impact de ce premier mot, il fallait avoir subi tous ceux qui s’engouffraient dans la brèche. »

« Tu n’étais pas sur ce cliché mais j’ai vu des photos de toi prises avant (…). La différence est plus subtile. Peut-être parce que tu avais déjà voyagé lors de ton adolescence. Peut-être parce que tu avais déjà vu l’autre face du monde.Mais j’aurais pu jurer que le leger pli sur ton front n’était pas là avant. J’ai compris cette nécessité d’immortaliser le monde avant qu’il ne soit brutalement modifié. J’ai saisi ton envie d’être en mouvement et ton besoin de voir tes amis à la minute où tu rentrais. J’ai réalisé cette peur de perdre les êtres chers qui ne te quittait jamais. Mais je n’avais pas encore deviné que cette peur m’englobait depuis cette première soirée sur le toit et que la distance que j’imposais te faisait souffrir. »

« Je pourrais illustrer la différence entre toi et moi avec un contre-exemple. Quand tu pouvais être présent en te trouvant à l’autre bout du monde, je trouvais le moyen d’être absente en me trouvant dans le même bâtiment. Tu n’avais as peur des distances car tu savais les réduire. J’étais une experte pour les creuser car ça me donnait un sentiment de contrôle. »

A savoir

Vous pouvez retrouver le personnage d’Andrew dans le roman Au comptoir des murmures ainsi que dans Instantané, nouvelle présente dans le recueil Plumes vagabondes des Plumes indépendantes.

Le premier chapitre

Découvrez le premier chapitre de Et je t’ai entendu sourire dans la video de Faith In Words

Playlist de l’autrice

Ed sheeran – Photograph

Alicia Keys – New York

Beyoncé – Hello

Niall Horan – Black & White

Autres chroniques associées à Tia Wolff

Au comptoir des murmures

Anthéa

Moi & Eux

Site internet de l’autrice

https://www.tiawolff.com

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2 réflexions sur “J’ai lu « Et je t’ai entendu sourire » de Tia Wolff

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